Nation contre nation
Ils ont dit
Quand vous entendrez parler de guerres et de soulèvements, ne soyez pas effrayés, car il faut que ces choses arrivent premièrement. Mais ce ne sera pas encore la fin. Alors il leur dit: Une nation s'élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume; il y aura de grands tremblements de terre, et, en divers lieux, des pestes et des famines; il y aura des phénomènes terribles, et de grands signes dans le ciel.
Louis Segond, 1910, source : Luc 21:9-11, nouvel onglet
Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres: gardez-vous d'être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s'élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre. Tout cela ne sera que le commencement des douleurs.
Louis Segond, 1910, source : Matthieu 24:6-8, nouvel onglet
21. Je me souviens de la guerre, la première au monde, quand les dieux de leurs lances eurent frappé Gollveig, et dans la halle de Hár l'eurent brûlée : trois fois brûlée, trois fois née, encore et encore, et pourtant elle vit toujours. […] 23. Sur l'armée Odin lança sa lance : alors au monde vint la première guerre ; le rempart qui ceignait les dieux fut brisé, et les Vanes guerriers foulèrent la plaine.
traduction AnthIA d'après H. A. Bellows, 1923, source : Völuspá, strophes 21 et 23, nouvel onglet
Je regardai, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui le montait avait un arc; une couronne lui fut donnée, et il partit en vainqueur et pour vaincre. […] Et il sortit un autre cheval, roux. Celui qui le montait reçut le pouvoir d'enlever la paix de la terre, afin que les hommes s'égorgeassent les uns les autres; et une grande épée lui fut donnée.
Louis Segond, 1910, source : Apocalypse 6:2-4, nouvel onglet
Je regardai, et voici, parut un cheval d'une couleur pâle. Celui qui le montait se nommait la mort, et le séjour des morts l'accompagnait. Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour faire périr les hommes par l'épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre.
Louis Segond, 1910, source : Apocalypse 6:8, nouvel onglet
Car vous savez bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit. Quand les hommes diront: Paix et sûreté! alors une ruine soudaine les surprendra, comme les douleurs de l'enfantement surprennent la femme enceinte, et ils n'échapperont point.
Louis Segond, 1910, source : 1 Thessaloniciens 5:2-3, nouvel onglet
Ils pansent à la légère la plaie de la fille de mon peuple: Paix! paix! disent-ils. Et il n'y a point de paix.
Louis Segond, 1910, source : Jérémie 8:11, nouvel onglet
De vos hoyaux forgez des épées, Et de vos serpes des lances! Que le faible dise: Je suis fort!
Louis Segond, 1910, source : Joël 3:10, nouvel onglet
Et, ô fils de Kuntî, les rois de la terre, le cœur voué au péché, sans savoir et toujours vantards de leur sagesse, se défieront les uns les autres, dans le désir de s'ôter mutuellement la vie. Et les kshatriyas aussi, vers la fin de cette période, deviendront les épines de la terre. Remplis d'avarice, gonflés d'orgueil et de vanité, incapables de protéger (leurs sujets) et n'en ayant nulle volonté, ils ne prendront plaisir qu'à infliger des châtiments.
traduction AnthIA d'après K. M. Ganguli, 1883-1896, source : Mahabharata, livre III, section 189, nouvel onglet
Hárr dit : « Il y a de grandes nouvelles à en dire, et nombreuses. La première, c'est que viendra l'hiver qu'on appelle Fimbulvetr, le Grand Hiver. Alors la neige chasse de tous côtés ; les gels sont grands et les vents mordants ; le soleil ne sert plus de rien. Ces hivers vont par trois, sans été entre eux ; mais auparavant passent trois autres hivers durant lesquels il y a, par tout le monde, de grandes batailles. Alors les frères s'entretuent par cupidité, et nul n'épargne ni père ni fils dans les meurtres et la rupture des liens du sang. »
traduction AnthIA du vieux norrois, source : Edda de Snorri, Gylfaginning 51 (récit, vers 1220), nouvel onglet
Et je vis sortir de la bouche du dragon, et de la bouche de la bête, et de la bouche du faux prophète, trois esprits impurs, semblables à des grenouilles. Car ce sont des esprits de démons, qui font des prodiges, et qui vont vers les rois de toute la terre, afin de les rassembler pour le combat du grand jour du Dieu tout puissant. […] Ils les rassemblèrent dans le lieu appelé en hébreu Harmaguédon.
Louis Segond, 1910, source : Apocalypse 16:13-16, nouvel onglet
Ce qui se passe
« Une nation s'élèvera contre une nation. » En 1914, des belligérants de tous les continents entrent dans la même guerre : de 15 à 22 millions de morts selon les estimations. La Völuspá se souvient de « la guerre, la première au monde », celle des dieux, au commencement. Une génération plus tard, la seconde guerre mondiale fait de 60 à 85 millions de morts, selon les estimations.
Paul écrit : « Quand les hommes diront : Paix et sûreté ! alors une ruine soudaine les surprendra. » Le 30 septembre 1938, de retour de Munich, Neville Chamberlain annonce « la paix pour notre temps » ; onze mois plus tard, l'Allemagne envahit la Pologne. En 1945, les nations écrivent une Charte dont le premier but est de « maintenir la paix et la sécurité internationales ». La même année, le cavalier roux reçoit sa « grande épée » : le 6 août, la bombe d'Hiroshima tue environ 140 000 personnes avant la fin de l'année. Le monde compte encore environ 12 200 ogives nucléaires.
Joël renverse Ésaïe : « De vos hoyaux forgez des épées. » Les dépenses militaires du monde ont augmenté pour la onzième année consécutive, jusqu'au plus haut niveau jamais enregistré par le SIPRI : 2 887 milliards de dollars en 2025.
Ce qu’on y a lu
Depuis 1960, beaucoup d’exégètes lisent en Paul une pique contre la propagande de Rome, sa pax et securitas ; d'autres, un écho des prophètes contre ceux qui criaient « Paix ! paix ! » (Jérémie 8:11).
Dès 1879, des Étudiants de la Bible annonçaient 1914 par le calcul ; après la Grande Guerre, ces Étudiants de la Bible, devenus en 1931 les Témoins de Jéhovah, y ont vu la nation qui « s'élèvera contre une nation ». Les Témoins attendent encore une proclamation de « paix et sécurité », qu'ils rapprochent de la Société des Nations puis de l'ONU. D'autres traductions, comme la Segond 21 ou la Bible du Semeur, disent d'ailleurs « Paix et sécurité ».
Chaque génération a reconnu sa guerre dans ces versets. Ce qui ne change pas, c'est le moment qu'ils désignent : celui où l'on se croit à l'abri.
Ils ont dit : la paix pour notre temps.Onze mois plus tard, la guerre.
La Bible est citée dans la traduction de Louis Segond (1910), et le Siracide dans la Bible Crampon (1923) ; le Coran dans la traduction de Kasimirski (1840), dont la numérotation diffère parfois de l’usage courant (c’est indiqué). Les hadiths sont traduits pour AnthIA sur l’arabe ; le Talmud, d’après l’édition William Davidson (Koren, Steinsaltz) publiée par Sefaria sous licence CC BY-NC ; les autres textes, d’après des traductions libres de droits. Chaque traduction est nommée sous sa citation. Les faits cités dans les lectures ont été vérifiés à leur source. Œuvre artistique et spéculative : elle ne remplace ni un prêtre, ni un imam, ni un rabbin, ni un maître.